Vivre c'est risquer

Vivre c'est risquer

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Jeanne BENAMEUR
Vivre c'est risquer
Thierry Magnier Romans Jeunesse

Si même les arbres meurent : Dans un couloir d’hôpital, deux enfants attendent. Leur père alpiniste est plongé dans le coma. La bienveillance d’un balayeur va leur permettre de s’évader…
Quitte ta mère : Comme chaque année, Bastien part pour l’été chez son grand-père. Mais le vieil homme ne va pas bien : il a du mal à faire le deuil de sa femme.

La boutique jaune : Marion passe tous les matins devant la boutique jaune, qui exerce une attirance magnétique sur elle. Un vieil homme, Adalbert, va lui en raconter la bouleversante histoire.
Prix du livre de Metz 2003/Prix des mangeurs de livres, Carpentras 2004.

Une heure, une vie : Les parents d’Aurélie se sont séparés sans rancune. Dans le train qui la ramène chez sa mère, elle se raconte des histoires, chaque fois différentes, et qui la font pleurer. Elle a besoin de dire sa peine, d’évacuer ses sentiments.

Ces quatre romans d’une grande auteure plongent aux racines des questions existentielles, avec une
narration délicatement simple. Du grand art.





Une chance qu’il y ait eu juste assez de place dans les combles de ce vieil immeuble pour me faire ma chambre. C’est comme si on vivait dans une vraie maison. Depuis le temps que j’en rêve. Et puis là-haut, je suis toute seule. J’ai mon échelle en bois pour grimper. Un escalier, pas question ! Ma mère monterait trop souvent. Avec l’échelle je suis tranquille. Il y a des avantages à avoir une mère qui ne fait pas de sport.
Le dos bien calé contre le mur avec un coussin, à l’angle de la fenêtre, je peux m’installer sans être dérangée. De là, c’est parfait, je vois tout et personne ne peut me repérer. J’adore ça.
Je suis une guetteuse.

Je guette ma rue. Je guette les voitures. Je guette les gens. Je guette les murs.
Je peux y passer des heures. C’est comme lire mais ça s’écrit sous mes yeux. Les chapitres, c’est le ciel qui change de couleur. Les personnages, c’est les gens qui passent, ceux qui vivent derrière les autres fenêtres. Et les histoires, je me les invente.
Là où on habitait avant, dans une tour au milieu d’autres tours, pour la vue, il y avait le dos du centre commercial. Les livraisons sur palettes, ça fait pas rêver ! Autant pas avoir de fenêtre du tout !
Alors je m’inventais mes images toute seule sur mon lit. Mais ça marche pas aussi bien.
Moi, ce que j’aime, c’est partir avec des vraies visages, des vraies personnes et les faire entrer dans mes histoires. Après, ça peut durer des heures. J’invente.
Je décide tout et pourtant c’est comme si c’était quelqu’un d’autre qui me faisait voir les choses, les gens. C’est une drôle d’impression. Je fais ça depuis que je suis toute petite. Voilà la seule occupation qui me passionne vraiment, avec la photo.

Jeanne Benameur est née d’un père arabe et d’une mère italienne. Dernière de quatre enfants, elle passe de l’Algérie à la France avec sa famille, en raison des violences liées à la guerre. Elle a cinq ans et demi quand elle arrive sur les bords de l’Atlantique. Depuis, c’est avec le langage qu’elle se constitue.



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