Quand y a trop, y a rien

Quand y a trop, y a rien

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Muriel BLOCH
Quand y a trop, y a rien
Thierry Magnier Romans Jeunesse

Lotte (treize ans) fait la chronique de sa famille déjantée. Sa mère, Adrienne dite Tia, est une collectionneuse, entasseuse, récolteuse effrénée. Leur appartement regorge d’objets accumulés au cours de ses voyages ou promenades. C’est au fond une artiste qui compose chez elle des paysages, des oeuvres. Mais René, le père plus raisonnable, en a assez : il faut faire le vide. Qu’à cela ne tienne ! Tia transporte ses oeuvres sur le trottoir : une installation est repérée par un spécialiste d’art contemporain, et une carrière internationale s’ouvre pour Adrienne…
Bonne humeur et désordre sont les maîtres mots de cette comédie truculente.





Du haut de mes 13 ans et de mon mètre 65, je ne l’ai pas vu venir.
Pourtant, j’étais habituée, c’était pas la première fois qu’ils se disputaient :
Elle entasse, il débarasse.
Elle c’est ma mère. Elle répète que la pomme ne tombe jamais loin du pommier.
C’est à cause de sa mère à elle qui avait connu la guerre et qui remplissait les placards par peur de manquer. Du coup ma mère a gardé l’horreur du vide.
Lui, mon père, il aime la philosophie Zen, les « empty space », les endroits dépouillés.
« Autant vivre dans un appartement-témoin ! » lui a lancé un jour ma mère. Il a tellement peur des maladies, qu’à la maison, la seule chose qu’il entasse, ce sont les médicaments. Son meilleur ami est le pharmacien du coin de la rue. Après vient le boucher. Chez nous, pour la cuisine, c’est mon père qui s’occupe de tout ! Tandis que ma mère se charge des fournitures, il s’affaire aux fourneaux. Elle répète régulièrement qu’ils font équipe tous les deux. Mais lui ça l’énerve. Avec sa peur de manquer, elle achète toujours trop. Parfois, assez souvent, ça pourrit dans le frigo mais moi j’aime bien voir la verdure camper sur les fromages blancs ou les carottes devenir comme du caoutchouc…Mon père ça l’enrage : « Des riches et des pauvres, y’en aura toujours, mais je déclare la guerre au gaspillage… »
Quand ma mère aime quelque chose, faut en manger tous les jours, jusqu’au dégoût… Mon père affirme que grâce à elle, le prix du chou rouge a grimpé le mois dernier rapport à la demande ! Je sais pas comment vérifier ça…

Conteuse tous terrains, Muriel Bloch aime conter « In situ » toujours et parfois pour une fois et une seule. Des contes traditionnels qu'elle recycle à sa façon, des nouvelles et des récits de son invention, elle aime tout conter, et dans toutes sortes de lieux : dans les théâtres, les musées, les galeries, les écoles, les collèges, les bibliothèques, les prisons, les hôpitaux, les crèches, les jardins, les maisons de retraite...

Pour s’inscrire dans la chaine de transmission, petit à petit, l’écriture lui est devenue nécessaire. D’où la publication de nombreux albums de contes, dont une magnifique collaboration avec Atak ou Sandra Dufour dans nos éditions.

 



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