Nouvelles fraîches



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  • thèmes
    - Humour
  • août 2013 / cm / 144 pages
    ISBN 978-2-36474-302-1
    prix indicatif : 10.10 €
Jean-Noël BLANC
Nouvelles fraîches
Thierry Magnier Nouvelles

Brèves internationales et locales, sport, vie économique et sociale, faits divers, culture et loisirs… C’est un journal, cette fois, que Jean-Noël Blanc propose à ses lecteurs. Un recueil qui prend la forme d’un quotidien plein de « nouvelles » du monde. Ces informations fictives, drôles, inquiétantes, joyeuses ou dramatiques, dressent un portrait de l’humanité.





Bilal avait entendu le bruit de leurs Rangers dans les escaliers, et il ne manifesta aucune surprise quand les deux hommes entrèrent dans la pièce froide et carrelée où il se tenait.
Ils portaient des pantalons de camouflage, et les grosses vestes de treillis où ils s’emmitouflaient laissaient voir, par une échancrure, des sweat-shirts publicitaires. Ils ne s’étaient pas rasés depuis plusieurs jours, et ils avaient l’allure de ce qu’ils étaient : des combattants clandestins. Bilal plongea les doigts dans son bol de foul, avala une bouchée, reposa son bol.
Une rafale de mitrailleuse lourde retentit du côté de la vieille ville.
L’un des deux hommes appuya contre le mur le fusil d’assaut qu’il portait en bandoulière et s’accroupit en face de Bilal. L’autre l’imita et posa sa mitraillette Stein à côté du fusil.
Aucune de ces deux armes n’était récente, et ils les avaient manipulées en évitant de les traiter avec la brutalité désinvolte des soldats bien équipés.
Bilal racla de l’index et du majeur réunis les restes de nourriture contenus dans le bol. Il avait des gestes lents, et les deux hommes apercevaient le lacis de veines violettes sur le dos de ses vieilles mains.
- Ce n’était pas la peine de vous déplacer, dit-il. Je ne suis plus bon à grand-chose à présent.
- On a besoin de toi, dit le plus maigre des deux hommes.
Il parlait avec la lenteur et la déférence qui conviennent pour s’adresser à un personnage respecté. Bilal se passa la main sur les joues.
- Personne ne peut remonter le temps. Je suis trop vieux pour vous être utile. Comment tu t’appelles ?

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