Seventeen

Seventeen

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  • thèmes
  • avril 2014 / cm / 336 pages
    ISBN 978-2-36474-456-1
    prix indicatif : 16.00 €
Per NILSSON
Marianne SÉGOL-SAMOY (Traducteur)
Agneta SEGOL (Traducteur)
Seventeen
Thierry Magnier Adulte Littérature
Göran se retrouve au chevet de son fils Jonatan dix-sept ans, dans le coma. Ils ne se sont pas vus depuis onze ans. À ce fils qui ne le connaît pas, le père va raconter son histoire, sa jeunesse de hippie lorsqu'il avait lui aussi dix-sept ans, comment il a rencontré la jeune fille rebelle avec qui il a eu Jonatan et aussi pourquoi il est parti sans plus donner de nouvelles. Arrivent ensuite Josefin, la petite amie de Jonatan, qui livre sa version de la vie de son amoureux, puis Karin, la mère, dont la version de leur histoire diverge sensiblement de celle de Göran. Ces trois monologues évoquent la paternité, la maternité, comment l'on s'aime à dix-sept ans et pourquoi les choix de vie vous séparent. Mais Jonatan dans son lourd sommeil entend-il enfin ce que ses parents n'ont pas su lui dire ?




Je t'ai vu avant tout le monde. Personne ne t'a vu avant moi. Si, en fait, j'étais le deuxième. C'était dans ce même hôpital mais dans une autre chambre. Il y a dix-sept ans. Tu es arrivé au monde il y a dix-sept ans. J'étais là et je t'ai vu. Je suis la deuxième personne à t'avoir vu. La troisième c'est ta mère. Ta mère qui t'a porté dans son corps pendant neuf mois, qui a porté l'enfant qui serait toi. J'étais assis à côté d'elle quand tu t'es décidé à entrer dans le monde et nous avons respiré ensemble pendant les contractions. On s'était entraînés. Respiration profonde et lente, respiration superficielle et rapide. Différentes techniques. C'était comme ça à l'époque. Ensemble nous avons mis un enfant au monde. La maman et le papa ensemble. On s'était entraînés. L'enfant c'était toi.
Toi tu dirais peut-être que c'est à ce moment-là que tout a commencé. Il est possible qu'une vie humaine commence à ce moment-là.
Tu étais si vulnérable et presque chauve. On t'a posé sur les seins de ta mère et tu as bu le premier lait jaune sucré. J'étais assis sur le bord du lit et je te regardais. Soudain l'amour m'a submergé. Un amour incomparable que je n'avais jamais ressenti auparavant.
Tu étais si vulnérable. Aussi désespérément fragile que tous les petits humains qui viennent de naître. Aussi dépendant. Un rien. Une petite boule vivante qui ne sait rien, qui ne sait rien faire d'autre que téter, faire caca, pipi et crier. Une petite boule confiante, certaine de trouver de la chaleur, de la nourriture et de l'amour dans ce monde. Etrange. Il est étrange cet ordre des choses.