Adrien et l'île aux scorpions



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Simon SECOND
Adrien et l'île aux scorpions
Thierry Magnier Romans Jeunesse

Son père lui avait promis une nouvelle traversée à bord de son train transatlantique, et c’est pour embarquer à Tokyo que Adrien retrouve Maelys un an après leur première rencontre. Les gares sous-marines sont de vraies cathédrales et le
projet titanesque de train intercontinental du père d’Adrien nécessite de grandes équipes d’ingénieurs et d’ouvriers qui oeuvrent sans relâche. Mais là encore le voyage ne sera pas de tout repos (et c’est un euphémisme) : au milieu des grands fonds et
des mosasaures, alors que le chantier avance peu à peu, les traîtres sont de retour, les animaux géants des failles abyssales rôdent, et les enfants ont le temps de mener leur enquête pour débusquer les traquenards.
L’aventure continue les enfants sont plus aguerris, ont pris de l’assurance, leur vigilance et leur sens de l’observation permettront de déjouer les complots de l’infâme Rotten qui ne renonce pas à son projet de sabotage.





Adrien tenait la main de son père en mangeant sa glace. Ils marchaientà l’ombre des arbres dans le bourdonnement des rumeurs estivales. Juste à gauche, Maëlys souriait en jetant de temps en temps un regard au lac artificiel qu’ils longeaient.
Tout Tokyo paraissait s’ébrouer ici, dans l’air chaud de la fin d’après-midi. Touristes extasiés, Japonais en costumes traditionnels, côtoyaient une foule urbaine en mal de fraîcheur. Le parc Yoyogi était célèbre de par le monde, depuis son Torii jusqu’à ses cerisiers et son sanctuaire Meiji. Étrangement, il semblait à Adrien que c’était ici, dans ces parcs, que battait le pouls de la ville, loin de l’agitation et des néons d’Omo- tesando à Shibuya. Là-bas pulsaient l’humeur du moment et la cacophonie des nouveautés et de la publicité.
Depuis trois jours qu’ils étaient ici, Adrien, Maëlys et son père, Mathieu, s’étaient rendus à la découverte des grands quartiers de la mégalopole.
La tour Mori, les parcs et le palais impérial et, évidemment, Akihabara, le quartier High-tech de Tokyo dans lequel des étages entiers de magasins présentaient des jeux vidéo de dernier cri. Adé et Maëlys s’y étaient essayés tout un après-midi. Adrien savourait ainsi ces vacances d’été qui ponctuaient de belle manière une année passée loin de son père. Celui-ci, au terme de leur séjour aux États-Unis, avait juré à son fils de le faire venir chaque mois de juillet, où qu’il se trouve dans le monde. Il avait donc tenu sa promesse en lui envoyant, le jour de son anniversaire, un billet d’avion pour Tokyo.
Pour Adé, depuis septembre dernier et son fade retour, tout s’était déroulé «à pas de boeufs ».
Des jours insignifiants, la torpeur continentale, avaient succédé à l’effervescence de l’océan et aux retrouvailles américaines. Bien entendu, toute la petite bande, Norman, John, Maëlys, Mathieu et lui-même, avait main- tenu un contact régulier, mais quelque chose lui avait manqué. Ses grands-parents, Edmé et Marie, avaient retrouvé un garçon changé. Son regard trahissait maintenant une maturité qu’ils ne lui connaissaient pas. Adé, à la demande de son père, était resté évasif sur bien des points.
Il ne fit aucune allusion au complot dont son père et lui avaient été la cible. Pas plus qu’à la présence de monstres préhistoriques bien vivants.
Adé, Maëlys et Mathieu étaient à présent arrivés devant le sanctuaire Meiji. Une grande place s’ouvrait largement sous le soleil. Une population bigarrée grouillait depuis les pavées jusque sous les murs de l’édifice.
– Il se fait tard, intervint Mathieu. Et si nous allions manger un morceau?
– Déjà? s’étonna Maëlys.
– Oui, le train part à vingt-deux heures de Miura.
– C’est où, Miura? demanda Adé.
– Au sud de la ville, c’est une péninsule rocheuse et isolée. Un bon endroit pour sortir directement de la baie de Tokyo.

Simon Second est né en 1981 et se passionne pour les romans d’aventures depuis qu’il a découvert Jules Vernes à l’âge de 8 ans. Féru d’Histoire avec un grand comme un petit h et cinéphile, il puise aussi son inspiration dans les westerns. Il est, en parallèle, musicien, batteur (un instrument qu’il enseigne depuis plusieurs années) compositeur parolier et arrangeur dans le groupe La Princesse Est Dans Les Cordes. Il signe ici son premier livre jeunesse.



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