Cinq, six bonheurs (NE)

Cinq, six bonheurs (NE)

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MATHIS
Cinq, six bonheurs (NE)
Thierry Magnier Romans Jeunesse

Une rédac pour les vacances, quel cauchemar ! Et le sujet le plus barbant du monde : Le bonheur ! Parce qu’il sèche complètement, Théophile interroge tour à tour, son père, sa mère, son petit frère, sa grand-mère. Et chacun a sa propre version ! Et pour Théophile, le bonheur, c’est quoi ? Terminer sa rédac le plus vite possible, sans doute... Mais aussi et sûrement se rouler dans la neige fraîche, seul, un dimanche d’hiver, rentrer trempé à la maison, penser au chocolat chaud qui attend, aux joues piquantes de son père, aux bras qui serrent fort de sa mère, au rire idiot de son petit frère.





J’étais au CM2, c’était la fin du premier trimestre et l’instituteur eut l’idée sournoise de nous donner un devoir de vacances: une rédaction dont le sujet était le bonheur. Cette désolante nouvelle fit soupirer la moitié de la classe et râler l’autre moitié.
– Maître! Maître! a dit Fabien. Le bonheur, c’est de ne pas avoir de devoir à faire pendant les vacances! Ce qui fit rire toute la classe. J’ai toujours préféré me débarrasser des corvées le plus vite possible. Aussi, le premier jour des vacances de Noël, j’ai pris mon stylo quatre couleurs et j’ai écrit en rouge sur mon cahier de brouillon: Le bonheur. J’ai un peu réfléchi tout en me tripotant l’oreille gauche, puis j’ai souligné en vert: Le bonheur. L’inspiration ne venant pas, je me suis mis à mâchouiller furieusement le bout de mon stylo tout en comptant les fleurs de la tapisserie de ma chambre. J’ai compté jusqu’à quatre-vingt-dixhuit. Soudain, plein de bonnes intentions littéraires, j’ai barré Le bonheur et à côté j’ai écrit: LE BONHEUR en lettres majuscules et en noir, cette fois. Voilà, c’était mieux. Mais je n’avais pas l’ombre d’une idée. Pour lutter contre l’angoisse de la page à gros carreaux, j’ai gribouillé un cow-boy qui tirait avec son pistolet, et le démon du dessin s’est emparé de mon stylo: j’ai dessiné un Indien qui renvoyait les balles du cow-boy avec une raquette de ping-pong… un monstre aux yeux carrés attaqué par des mouches géantes… un robot qui crachait des boulons enflammés… et j’ai déchiré la page de mon cahier. Cette rédaction commençait à m’énerver.

Né d'un père alsacien et d'une mère basque, Jean-Marc Mathis ne parle ni le basque ni l'alsacien. Fils de maçon, il a traîné sur des chantiers avec son père et fait une formation de dessinateur en bâtiment. À priori, il était fait pour travailler dans le bâtiment, mais le goût du dessin et l'envie de raconter des histoires furent les plus forts. Son enfance est sa principale source d'inspiration. Jean-Marc Mathis a étudié à l'École de l'image d'Épinal et fait les Beaux Arts de Nancy. Il est titulaire du DNSEP. Il a exposé à Épinal, Nancy, Frouard, Lunéville, Paris, Genève et Liège. Il travaille comme illustrateur et auteur de bandes-dessinées pour diverses revues et journaux, et se consacre davantage aux livres jeunesse depuis l'année 2002.



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