La Source Tome 2

La Source Tome 2

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Maxime FLEURY
La Source Tome 2
2/Abondance
Thierry Magnier Romans Jeunesse

Ils y sont : leur Errance a pris fin, et nos trois héros Tilo, Albeda et Eraigne ont rejoin la Source, le but de leurs recherches. Ce n’est pas le paradis dont ils rêvaient, mais une société qui se met en place et où chacun assume son rôle, son travail. La Source est un réservoir de graines et de plantes qui permettra de faire revivre la Terre devenue stérile. Divisée en trois groupes hiérarchisés, la Source est dirigée par un triumvirat. Au plus bas de l’échelle, Tilo rejoint ceux qu’on appelle les « boueux », les agriculteurs, et se passionne pour sa mission nourricière. Les soldats veillent à la sécurité du site, des bandes rôdent alentour ; Albeda l’intrépide trouve là une place qui lui convient. Eraigne, ce lecteur assidu et bricoleur, rejoint les intellectuels en charge du fonctionnement des ordinateurs, du groupe électrogène et de l’avenir de la communauté. Alors que l’herbe reverdit le paysage, promesse d’un avenir plus facile, des rivalités surgissent au sein du triumvirat. Tentative de prise de pouvoir, complot et haine divisent la toute jeune société mettant à mal l’amitié des trois jeunes. Ce deuxième volume tient ses promesses : c’est une réflexion sur le pouvoir à travers une histoire tissée d’amitiés et de trahisons.





Thèmes : Écologie / Dystopie / Amitié



L’intérieur est obscur. Alors qu’à l’extérieur la pluie s’est arrêtée et que le soleil perce les nuages, seuls de fins rais de lumière filtrent par les maigres fentes dans les murs. Ces fausses meurtrières sont fermées par un verre épais et jauni qui étouffe plus la clarté. Malgré cela, ils ont éteint les torches avant de pénétrer dans le long couloir, soigneusement, par crainte d’un incendie qui serait la fin de tout.
Puis Joste lui-même a actionné une roue métallique qui, dans un claquement, a permis au lourd battant de s’ouvrir. On lui donnerait un peu plus de soixante ans. Sous ses vêtements amples, on devine son corps grand et sec dont les muscles encore puissants actionnent la porte sans difficulté. De sa tête aux cheveux poivre et sel coupés très courts, de son visage grave parfaitement rasé émane une autorité inflexible.
Les gonds, graissés avec soin, n’ont pas produit le moindre grincement. Dans le boyau de béton brut, le crissement de leurs pas dans la poussière est amplifié par la résonance. Le silence s’impose le silence à eux. Pas un mot n’est échangé. Les uns accomplissent une tâche à laquelle ils sont rompus, mais toujours avec la même vénération ; les autres ont la gorge nouée par l’attente sans même oser demander ce qu’ils attendent exactement.
Plus ils approchent, plus l’odeur se fait forte. Une odeur qu’Albeda a déjà rencontrée avec Tilo, sur la route avant de rencontrer Eraigne dans les Grandes Ruines. Une odeur entêtante mais surtout nauséabonde. Malgré la solennité de l’instant, elle ne peut s’empêcher de s’étonner que la Source pue autant. Elle s’imagine annoncer à son clan cette nouvelle déconcertante, l’odeur de leur immense espoir est immonde. L’Errance, la quête sacrée de la Source, il s’agissait peut-être finalement de la faire à l’odorat.
Une dernière porte est franchie par le groupe qui s’arrête alors devant une espèce d’animal métallique, un monstre fabuleux aux organes complexes. Acade s’approche de la machine. Il paraît bien plus vieux que Joste, même si leur apparente familiarité fait penser à deux vieux amis d’enfance. Son corps voûté semble attiré vers le sol par la masse de ses cheveux blancs et fins, percée d’une large calvitie au sommet de son crâne ainsi que par la broussaille de sa barbe drue dévorant un visage émacié.
Il abaisse deux petits leviers avant de se saisir à deux mains d’une poignée attachée au bout d’une corde. Il souffle bruyamment et, d’un geste ample, tire sur la corde. La machine ronfle légèrement et tressaute avant de retourner à son inertie. Acade ne peut cacher sa contrariété. Il recommence, souffle, tire mais la machine n’en fait pas plus. Il tousse alors si violemment que son corps paraît sur le point de se démanteler. D’un geste respectueux, Tomassobe lui propose de le relayer. Tentant de reprendre son souffle, Acade accepte et lui cède la place. Il suffit d’une seule tentative au gaillard pour lancer le moteur. La pièce est alors inondée d’un rugissement rauque et d’une lumière aveuglante jaillissant de globes de verre.
Toujours muette, presque déçue, Albeda s’avoue que non seulement, elle ne pensait pas que la Source puait autant mais qu’elle ne l’imaginait pas non plus aussi bruyante. Elle croit déceler également un soupçon de déception dans la voix d’Eraigne quand il s’exclame :
– C’est donc ça la Source !

Affligé d’une terrible écriture de cochon selon tous ceux et celles qui ont eu le malheur de la lire, Maxime Fleury se venge depuis sa plus tendre enfance en écrivant des histoires de toutes sortes. Récits sans queue, romans sans tête, poème à sa maman, toute la littérature subit ses assauts. Mais ses plans sont contrariés quand un beau jour il est atteint comme tant d’autres par une maladie incurable, l’âge adulte. Il est alors contraint de nourrir son imaginaire en vampirisant le cerveau d’enfants plus ou moins innocents dans son laboratoire secret qu’il appelle sa « classe ».



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