Les cousins Karlsson Tome 6 - Papas et Pirates

Les cousins Karlsson Tome 6 - Papas et Pirates

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Katarina MAZETTI
Agneta SEGOL (Traducteur)
Marianne SÉGOL-SAMOY (Traducteur)
Les cousins Karlsson Tome 6 - Papas et Pirates
Thierry Magnier Romans Jeunesse

Les cousins Karlsson se retrouvent sur l’île aux Grèbes pour des vacances d’hiver. Les joies des batailles de boules de neige, de séances de patinage suivies de goûters roboratifs ravissent les enfants. Pourtant les bonhommes de neige se déplacent la nuit, des lumières s’allument dans le phare : et si les cousins n’étaient pas seuls sur l’île ? Sont-ils en danger ?


Ce sixième volume nous permet de retrouver nos héros dans un décor hivernal et dépaysant.





La mer autour de la petite ville d’Östhamn est recouverte d’une épaisse couche de glace. Certains jours, le vent balaie la neige et dégage un espace sombre et lisse comme un miroir. L’idéal pour faire du patin à glace. Ces jours-là, on voit les habitants d’Östhamn patiner sur la mer gelée. Les débutants avancent prudemment près du rivage mais les plus aguerris s’aventurent plus loin et font des randonnées de dizaines de kilomètres.

Mais il y a aussi des jours de mauvais temps où des bourrasques peuvent rapporter plusieurs décimètres de neige sur la glace et la laisser en tas irréguliers. Les patineurs se réfugient alors dans leurs petites maisons douillettes pour faire du feu dans la cheminée, allumer des bougies devant les fenêtres et écouter le vent siffler dehors.
Un de ces après-midi venteux, au début du mois de février, deux individus avancent avec difficulté sur la mer enneigée. Il fait très froid. Bien qu’il ne soit que trois heures de l’après-midi, le jour décline déjà. La neige donne une faible lumière bleutée au paysage hivernal mais la nuit tombe rapidement et il fait bientôt entièrement noir. Personne ne voit les deux personnes débarquer sur l’île aux Grèbes et se frayer un chemin à travers les monceaux de neige pour se rendre à l’ancienne tour du pilote côtier qui est le bâtiment le plus haut de l’île. L’été, c’est une magnifique tour de couleur rouge avec, à son sommet, une pièce entièrement vitrée qui s’ouvre dans toutes les directions et qui offre une vue imprenable sur l’eau. Autrefois cette tour permettait aux pilotes côtiers de surveiller la mer et de vérifier qu’il n’y ait pas d’embarcation en difficulté. À cette époque de l’année, elle est presque entièrement recouverte de neige. Même les fenêtres sont tapissées de cristaux de givre.

L’île semble abandonnée. À côté de la tour se trouve la petite maison où logeait le pilote côtier mais elle est plongée dans le noir. Pas la moindre lumière derrière les fenêtres. Les seuls à voir les deux individus pousser la lourde porte noire et pénétrer dans la tour sont une bande de bouvreuils dans une botte d’avoine et un petit cheval islandais à la longue crinière jaune qui, frigorifié, les observe derrière les arbres.
-Tu sais ce qui s’est passé ? crie Daniella, surnommée Bourdon, en se précipitant dans la chambre qu’elle partage avec sa grande soeur.
Julia, sa soeur, est absorbée par un jeu sur son ordinateur et ne lève même pas la tête. Malheureusement, Bourdon se prend les pieds dans le tapis, fait un vol plané et atterrit aux pieds de Julia. La tasse de chocolat chaud qu’elle tient dans la main se déverse sur le lit, sur les genoux et sur l’ordinateur de Julia qui pousse un hurlement. Le gros chat tricolore, allongé à côté d’elle, renchérit en miaulant : « Iiiiiiii ! Oiiiiii ! »
-Qu’est-ce que vous avez à crier comme ça tous les deux ? râle Bourdon. C’est quand même moi qui me suis fait mal, non! Et regardez ! J’ai plus rien dans ma tasse !
Julia est sur le point de gifler sa petite soeur.
-Bourdon, si tu as abîmé mon ordinateur, je te coupe les oreilles ! rugit-elle. Et après je te les ferai bouffer !
Elle essuie désespérément le clavier avec un coin de sa couette, ce qui n’arrange ni l’appareil ni la couette.
-Pff, toi et ton vieil ordinateur, grogne Bourdon.
Julia la fusille du regard.
-Mon vieil ordinateur ! Tu sais très bien que j’ai économisé pendant des années pour me l’acheter !
-Bah, l’assurance t’en paiera un nouveau ! lui rétorque Bourdon avec légèreté. T’imagines même pas comment j’ai mal aux fesses… aïe aïe aïe… dit-elle en agitant la main. Tu pourrais pas aller me chercher une nouvelle tasse de chocolat ?

Née en 1944 à Stockholm, Katarina Mazetti est journaliste. Auteure de livres pour la jeunesse et de romans pour adultes, elle a rencontré un succès phénoménal avec Le Mec de la tombe d’à côté, traduit en de nombreuses langues. Son oeuvre est publiée en France par les Éditions Gaïa.



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