Rien n’arrive par hasard.

Pour faire une ville, on dit qu’il faut de l’eau, de la pierre et du bois.

Pour faire un écrivain, il faut davantage : il faut des villes, des voyages, des rencontres, des émotions, des blessures ou des triomphes, il faut une soif de contrastes et ressentir le besoin d’exprimer par la littérature que la vie ne suffit pas ; On y ajoutera un soupçon de magie et un bon stylo.

Pour faire des livres, il m’a fallu capturer des vipères à la main et les brandir dans la lumière, nager dans les lacs glacés des montagnes, apprendre à aimer la vitesse, la musique, le soleil après la pluie et les chiens abandonnés.

Je suis né à une époque située entre l’extinction des dinosaures et l’apparition des smart phones. J’ai tout de suite été viable, on m’a donné un prénom et une éducation au grand air qui sont les deux constantes tangibles d’une émancipation réussie. On m’a dit de faire dans la vie ce que je savais faire de mieux, je m’y emploie chaque jour : j’écris des livres, j’élève mes enfants… je tue le temps mais jamais les insectes, ni les taupes, ni les plantes. A-t-on besoin d’en savoir plus ?