Sept jours pour survivre

Sept jours pour survivre

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Nathalie BERNARD
Sept jours pour survivre
Thierry Magnier Romans Jeunesse

Nita, une adolescente amérindienne, est kidnappée à Montréal et se réveille dans une cabane perdue au coeur de la forêt canadienne enneigée. Qui l'a emmenée ici et pourquoi ? Une chose est sûre : c'est seule qu'elle devra affronter les pires prédateurs. Du côté des enquêteurs, les indices sont rares. Une course contre la montre s'engage.
Nita a sept jours pour survivre.

Un thriller glaçant.





Bizarrement, la première chose à laquelle Nita pensa en se réveillant fut : ma mère a dû m'attendre longtemps, les bougies ont fondu et recouvert le gâteau de cire, il doit être immangeable... Ensuite, elle sentit le froid sur son visage.

Un froid sec et mordant.

Son corps lui était au chaud. Elle reconnaissait le contact de son pull noir et de son jean et devinait le poids d’une couverture.

Ou suis-je ?

Elle serra ses paupières de toutes ses forces. Tant qu’elle n’ouvrirait pas les yeux, tout ça pouvait encore n’être qu’un cauchemar, juste un sale cauchemar comme ceux qui la réveillaient en nage au milieu de la nuit. Ces nuits-là, elle faisait la morte pour se rendre invisible, à l’instar de certains animaux sans défense. Elle se tenait immobile dans le noir, tentait de disparaitre jusqu’à ce que les spectres qu’elle avait imaginés s’en aillent, lassés de cette chair inanimée. Lorsqu’elle était bien certaine qu’ils étaient partis, elle tendait rapidement un bras en direction de la lampe, attrapait l’interrupteur et, dans la lumière jaune, elle redécouvrait sa chambre inchangée. Ses murs tapissés de gris, ses photos encadrées, ses peluches remisées en haut de la bibliothèque, son bureau couvert de boites de biscuits entamés et le silence de la nuit qui recouvrait tout.

Mais cette fois-ci il ne s’agissait pas d’un mauvais rêve. Tout venait de lui revenir en bloc : la sensation brutale de devenir la « chose » de quelqu’un, d'être trimballée comme un objet, de ne plus s’appartenir, l’air froid qui lui piquait le visage, la sécheresse de sa bouche et cette douleur lancinante sur le côté droit du crâne lui racontaient qu’elle se trouvait ailleurs, dans un endroit inconnu et glacé.

On l’avait transportée.

On ? Ses ravisseurs. Deux hommes peut-être. Un pour la pousser dans la voiture, l'autre pour conduire… Non ! Il n’y en avait qu’un, ça elle en était presque certaine !

Où est-il maintenant ?

La respiration de Nita s’arrêta. Peut-être qu’il était là, tout près d’elle et qu’il l’observait en ce moment même ? Peut-être qu’il attendait son réveil pour lui faire du mal ? Telle une déferlante, la peur l’envahit tout entière, son cœur s’accéléra et son corps se contracta si fort qu’elle eut l’impression qu’il voulait se réduire, se compacter jusqu’à n’être plus qu’un grain de poussière.

Disparaître…